Rohingyas : que se passe t'il en Birmanie ?
- This World

- 13 oct. 2017
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"Le problème dans ce conflit, c'est qu'il y'a d'un côté les rebelles de L'Armée Rohingyas vus comme des terroristes et de l'autre les militaires de l'Armée Birmane qui en représailles aux attaques s'en prennent aux civils pour la grande majorité innocents"
Qui sont les Rohingyas ?
Les Rohingyas sont des musulmans parlant un dialecte utilisé dans le sud-est du Bangladesh. Environ un million y vivraient en Birmanie, la plupart depuis des générations. Problème; le pays refuse de les régulariser à cause d'une loi birmane de 1982 émanent des militaires qui spécifie que seuls les groupes ethniques pouvant faire la preuve de leur présence sur le territoire avant 1823; soit avant la colonisation britannique, peuvent obtenir la nationalité birmane. Même si les représentants des Rohingyas assurent qu'ils étaient là bien avant cette date, ils se retrouvent apatrides. Cela a joué en leur défaveur au moment de la montée du nationalisme bouddhiste ces dernières années. Cela a attisé l'hostilité à leur encontre.
Pourquoi sont-ils persécutés ?
Cela de nouveau basculé en août dernier, avec l'attaque d'une vingtaine de postes-frontières par des rebelles de l’Armée du salut des Rohingyas de l’Arakan (ARSA), faisant douze morts parmi les policiers. Ce groupe de rebelles s'est récemment constitué pour contester l’absence d’avancées sur le dossier de la minorité musulmane. Depuis, les Rohingyas subissent une nouvelle vague de répression en réponse à l'attaque mené par les rebelles. L'armée évoque 400 morts, l'ONU elle, pense qu'ils sont plus d'un millier et dénonce "une épuration ethnique". Les villages sont brûlés, et les civils pris pour cible. Depuis près d'un mois, un exode massif se déroule vers le Bangladesh. Plus de 420.000 personnes s'y seraient réfugiées, créant, au sud du pays, un des plus grands camps de réfugiés du monde.
Les autorités locales et les ONG peinent à venir en aide aux nouveaux venus.
En 2012, des violences intercommunautaires avaient déjà éclaté dans l’Etat d’Arakan, faisait plus de deux cents morts.
Pourquoi Aung San Suu Kyi est-elle critiquée ?
Un Prix Nobel resté longtemps silencieux… A la tête du nouveau gouvernement birman depuis fin mars 2016, Aung San Suu Kyi s'est peu exprimée sur cette crise, ce qu'il lui a valu les critiques de la communauté internationale. Certains ont même réclamé le retrait de sa distinction. Ce mardi, la grande absente de l'Assemblée générale de l'ONU s'est dite prête, lors d'une allocution télévisée, à organiser le retour des 421.000 Rohingyas réfugiés au Bangladesh. "Nous sommes prêts à commencer la vérification" des identités de ces personnes, en vue de leur retour, a-t-elle déclaré sans préciser si les critères très restrictifs appliqués en la matière seraient assouplis. Elle a également a exhorté à mettre fin aux divisions religieuses entre bouddhistes, majoritaires, et musulmans. Mais sans aller jusqu'à critiquer publiquement l'armée birmane. Amnesty International, de son côté, dénonce une "politique de l'Autruche".
Que font les autorités ?
Peu de temps après l'intervention d'Aung Suu Kyi, le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a redemandé aux autorités birmanes, lors de la 72ème Assemblée générale de l'ONU à New York, de "mettre fin aux opérations militaires et permettre un accès humanitaire sans restriction" aux populations touchées par les combats. Lors de ce même rassemblement, le Royaume-Uni a appelé à stopper les violences commises contre les Rohingyas et a annoncé la suspension de son programme de formation de l'armée birmane. "Il n'y aura pas d'autre engagement militaire ou de formation de l'armée birmane par le ministère de la Défense jusqu'à ce que le problème soit résolu", a soutenu Theresa May. Emmanuel Macron, lui, dénonce un "nettoyage ethnique". "Les opérations militaires doivent cesser, l'accès humanitaire doit être assuré, et le droit rétabli, face à ce qui est, nous le savons, un nettoyage ethnique".



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