« ÊTRE ÉTUDIANT ET PARENT, UN MODE DE VIE À PART »
- This World

- 21 avr. 2020
- 4 min de lecture
Devenir parent, c’est une phase de la vie qui peut être bouleversante et qui engendre un grand nombre de changements. Et alors que se passe-t-il lorsque un tel évènement survient tandis que les futurs parents n’ont pas encore terminé leur cycle dans les études supérieures ? Trois d’entre eux témoignent.

Il y a tout d’abord Marie, jeune maman depuis trois mois seulement, puis Asma, ancienne étudiante qui à l’époque arrivait tout droit d’Algérie seule avec son petit garçon. Et enfin Lucas, un papa étudiant également en situation monoparentale depuis maintenant plus de six ans. Si pour le jeune homme la situation fut plutôt simple à accepter car encore en couple avec sa compagne lors de l’arrivée de leur enfant, cette transition de vie fut bien plus compliquée à vivre pour les deux femmes. « Ce fut un vrai choc psychologique pour moi car je n’y étais pas du tout préparée et je ne me sentais pas à la hauteur d’assumer un tel rôle au vue de mon jeune âge… J’ai fini par l’accepter au fil du temps, grâce à la bienveillance de ma famille. » explique Marie. Asma raconte quant à elle : « Pour moi, ce n’est pas de devenir maman qui fut compliqué à accepter car j’avais déjà terminé mes études de dentiste en Algérie. Ce qui fut éprouvant, c’est lorsque j’ai décidé de migrer en France pour travailler et qu’on m’a annoncé que mon diplôme n’était pas recevable ici. Il fallait que je recommence mes études de A à Z dans un pays que je connaissais peu et je me suis alors demandé comment est-ce que j’allais me débrouiller seule avec un petit garçon d’à peine un an et demi ! ».
La situation de parent étudiant demeure encore aujourd’hui, un mode de vie presque méconnu de l’opinion publique et peu d’aides sont pour l’heure mises en place par les différents organismes afin de soutenir ces jeunes au destin chamboulé. Lucas et Marie disent ne pas avoir cherché à recourir à ces aides grâce au soutien psychologique et financier qu’ils ont tous deux reçu de la part de leurs proches respectifs. Pour Asma en revanche, en tant qu’étrangère, la situation fut à nouveau plus difficile à vivre. Elle raconte : « Les appels réguliers de mes proches restés vivre en Algérie m’ont beaucoup aidé à tenir mentalement le coup, bien que j’étais seule ici en France. J’ai contacté la CAF, le CROUS et d’autres organismes pour essayer de trouver une aide financière et une solution de garde pour mon fils durant mes heures de cours. On m’a malheureusement souvent tourné le dos… Je dois beaucoup à une dame employée de crèche dont le soutien et l’aide ont été un vrai moteur pour me débattre face à cette vie devenue soudainement problématique. ». Les deux autres jeunes gens ont, en ce qui les concerne, pu avoir recours à une assistante maternelle, toujours grâce au soutien financier de leurs familles. Asma a en revanche dû s’adapter autrement puisqu’elle explique avoir été contrainte de suivre des cours à distance, tandis que certains de ses professeurs ont peiné à se montrer indulgents face à la situation exceptionnelle de la jeune algérienne. Elle déplore de plus le fait qu’elle fut contrainte à manquer l’intégralité de ses cours de travaux dirigés, ce qui compliqua davantage l’obtention de son diplôme. En France, de nombreux étudiants étrangers se retrouvent dans le cas d’Asma au fil des ans et le plus grand souhait de cette dernière est de faire entendre sa voix afin que les choses évoluent enfin pour venir en aide à tous ceux qui subissent ce système.
Les trois jeunes gens s’accordent tout de même sur un fait : devenir parent en plein cursus universitaire vous force à murir plus tôt que prévu mais vos enfant deviennent votre plus grande priorité, et ce pour le reste votre vie. D’après Marie : « Si vous vous retrouvez un jour à vivre cette expérience chamboulante, sachez que vous devrez faire preuve de beaucoup de patience et votre mental sera régulièrement mis à rude épreuve. Mais avec un maximum de volonté et beaucoup d’organisation, vous y arriverez et ça deviendra l’aventure la plus enrichissante de votre vie. » Lucas la rejoint ensuite : « Mon enfant c’est ma force, je n’ai pas oublié ma vie de jeune adulte pour autant, que ce soit pour les études, le travail ou bien encore les sorties entre potes. Mais mon fils est maintenant prioritaire sur tout ce qui m’entoure et mener mes études en parallèle de ma vie de papa est ce qui m’est arrivé de mieux dans la vie. C’est une expérience qui vous fait tellement grandir, je me suis pris une belle claque au début, mais je n’ai absolument aucun regret. » Enfin, Asma conclue sur un message d’espoir en insistant sur le fait que si elle a pu y arriver, n’importe qui avec une volonté de fer y arrivera à son tour. « Je remercie chaque jour le ciel de m’avoir offert ce cadeau. N’abandonnez jamais, tout est possible du moment que vous y croyez et que vous parvenez à concilier vos deux emplois du temps. » Vous l’aurez sans doute compris, être parent et étudiant ne sera sans doute pas toujours facile à gérer, mais sachez que c’est loin d’être impossible, seul ou entouré de ses proches.



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